Rencontre Lycia / La Webeuse

L Lycia est une amie entrepreneure du web et blogueuse. J’ai prétexté la sortie de son livre pour l’interviewer car tu vas voir que ses journées sont bien remplies.

portrait de Lycia Diaz

Lycia présente son activité en toute sincérité. C’est précieux de découvrir les bons côtés de ce métier sans masquer le travail accompli ni les difficultés.

Elle nous explique comment elle s’est reconvertie dans le web et l’aide précieuse apportée par une couveuse.

Tu vas découvrir son processus créatif pour créer l’identité d’un site et les écueils rencontrés.

La vidéo de notre entretien

Cet article prend environ 18 minutes à lire. Si tu n’as pas le temps, tu peux l’épingler sur Pinterest pour le lire plus tard.

Rencontre Lycia du site La Webeuse
Lycia partage son parcours d’entrepreneure du web & blogueuse

Lycia, pour commencer, je propose de te présenter.

Je m’appelle Lycia Diaz. On me connaît aussi sous le nom de La Webeuse, mon blog principal. Je suis blogueuse, formatrice WordPress et Divi, SEO et aussi consultante.

J’ai commencé par créer des sites web. Ce qui me plaît maintenant c’est de partager mes connaissances et les enseigner. J’enseigne à mes clients et à des élèves en organisme ou à la fac. Je me concentre un peu plus sur la formation individuelle, mes blogs et mes ebooks.

Tu vas quand même bientôt publier un livre ?

Livre Je crée mon site avec WordPress

Les éditions Eyrolles m’ont proposé en début d’année de publier une version déclinée de mon ebook sur WordPress en version papier. Je le mets à jour depuis des années et le vends sur mon site web.

Je t’avoue que devant le PDF de 20 pages qui précise ce qu’il faut faire ou non, comment écrire le livre… j’ai pensé “Je n’ai pas encore signé le contrat. Il est encore le temps de refuser. “. Après, je me suis dit “Lycia, c’est quand même un beau challenge.”.

J’aime bien les challenges et me surpasser (si le challenge est mesuré quand même). Je me suis dit que, si j’ai su faire 4 ebooks, je saurais certainement faire un livre papier.

La cadence était folle. Je l’ai écrit un peu dans mon coin toute seule. Je n’avais personne dans mon entourage qui pouvait m’aider dans sa relecture (à part trouver quelques fautes d’orthographes). Personne ne pouvait lire ce que j’écrivais et comprendre sauf mon petit Jean. C’est du boulot parce qu’au final le livre va faire 326 pages.

La sortie de la nouvelle version de WordPress m’a donné du fil à retordre pour un ou deux chapitres. J’ai dû effectuer la mise à jour en vitesse pour tenir les délais mais c’était une belle aventure. Le livre Je crée mon site avec WordPress sort le 26 novembre 2020.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton activité ?

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ton activité ?

Mes blogs. J’aime aussi beaucoup les formations que je donne en présentiel. Cela me plaît de transmettre mais des fois je n’en peux plus parce que tu répètes tout le temps la même chose. Je varie justement pour que cela ne soit pas trop redondant pour moi.

Je vais apprendre Elementor à un groupe et Divi à un autre pour ne pas ressentir la monotonie. J’ai besoin de changer. Je choisis cependant toujours le mieux pour eux. Par exemple, si je vois que les gens sont vraiment novices, je vais utiliser des outils très faciles (comme installer WordPress en local avec FlyWheel, par exemple).

C’est une sorte de feeling. C’est aussi mon passé dans la restauration où tu sens bien les gens, ce dont ils ont besoin, d’où ils viennent… je m’en sers pour essayer d’être au plus près de leurs besoins.

Quelle est la réalisation dont tu es la plus fière ?

Quelle est la réalisation dont tu es la plus fière ?

Je pense que c’est ma reconversion. D’où je suis partie et où je suis arrivée. Ce n’est pas vraiment un projet en particulier. Je suis fière de mon livre par exemple mais ce n’est qu’une brique de ma reconversion.

Pendant un moment, il faut savoir que je n’avais rien : pas d’aides sociales, plus de chômage, plus de boulot, plus rien, pas de vrai métier légitime entre les mains quand j’ai débuté dans le web.

J’avais très peu de clients. À un moment donné, j’ai fait mon CV et je suis allée postuler dans une galerie marchande en tant que vendeuse. Je me suis quand même dit “Mais merde, avec tout ce que je sais et tout ce que j’ai fait.”. Heureusement, personne n’a voulu me prendre. Je dis merci car cela aurait mangé tout mon temps. Je n’aurais pas pu faire ce que j’ai réalisé ces trois dernières années.

Cette reconversion a été très longue et très difficile. C’est pour cela que j’en suis si fière. J’ai pris beaucoup de chemins de traverse. J’ai perdu beaucoup de temps car je viens de tellement loin. Je suis fière de gagner ma vie mieux qu’avant alors que j’avais un poste de directrice. Je le fais pour moi et ça me plaît. En plus, j’apprends encore tous les jours donc c’est génial.

Comment as-tu fait pour garder la foi dans les moments les plus durs ?

Comment as-tu fait pour garder la foi dans les moments les plus durs ?

Je me disais que ce n’est pas possible de faire tout ça pour rien, que les fleurs pousseront un jour des graines semées. J’ai fait des livres pour enfants. Ils étaient nuls mais j’ai tellement appris : utiliser des logiciels comme Affinity Designer, créer un compte d’autoédition sur Apple… Cela me sert maintenant.

Grâce à l’apprentissage d’Affinity Designer, j’ai pu proposer la création de logos et de chartes graphiques pour mes clients. Mon offre de création de sites web était plus alléchante :
Je vous accompagne de A à Z dans la réalisation de votre site web : logo, charte graphique, choix des couleurs, création et design du site jusqu’aux bannières pour les réseaux sociaux.

Finalement, tout ce que nous faisons, nous ne le faisons pas vraiment pour rien. C’est vrai que c’est dur de se dire “Punaise, j’ai gagné 200 euros ce mois-ci.”. C’est sûr, c’est désolant. Mon mari m’a dit “Écoute, ce serait bien que tu commences à gagner un peu d’argent parce que là nous n’allons plus y arriver.”. Cela fait mal mais ce n’est pas grave.

Je vois toujours le bon côté des choses. C’est sûr qu’il ne faut pas baisser les bras. Quand tu me demandes comment j’ai gardé la foi : je me disais au plus bas que cela ne pouvait qu’aller mieux.

Quels sont les avantages et les inconvénients du métier d’entrepreneure digitale ?

Quels sont les avantages et les inconvénients du métier d'entrepreneure digitale ?

Le vrai avantage c’est que je me sens vraiment libre de dire oui ou non maintenant. C’est ta boîte. Tu fais ce que tu veux.

Ceux qui te vendent du rêve en te disant “Tu vas être libre. Tu vas voir c’est génial. Tu fais ce que tu veux.”. Ce n’est pas la réalité, tu ne fais pas vraiment ce que tu veux parce que tu as quand même, si tu es sérieux, des délais à tenir. Quand on te dit que tu n’as pas de patron, en fait, ce n’est pas vrai. Quand tu deviens entrepreneure, tu as 25 patrons : tes clients. Tu dois enchevêtrer tous ces clients dans ta journée ou dans ta semaine et cela peut vite devenir stressant.

Par contre ce qui est bien, c’est que des fois, je fais ce que je veux dans ma journée. Attention, je ne me la coule jamais douce. Par exemple, si je dois aller faire une course quelque part, si je suis invitée à manger et que j’ai envie de prendre trois heures de pause le midi, je prends ce temps. Ce n’est pas grave. J’allumerai l’ordi le soir et je travaillerai pour rattraper ce que je n’ai pas fait.

L’inconvénient, c’est qu’il n’y a aucune barrière. Quand j’étais dans la restauration, mes jours de congés étaient de vrais jours de congés. Tu oublies tout pendant un jour. Cette journée est à toi. Dans le web, mes week-ends ne sont pas de vrais week-ends et depuis longtemps. Je vends en ligne et réalise le support. Ce sont des e-mails et des appels urgents pour un site qui est tombé ou une erreur fatale…

Bien sûr, il est possible de faire attendre tout le monde. Il n’y a pas de souci mais je suis un peu comme Monk dans la série. Un petit garçon à côté de lui dans l’avion lui raconte une blague. Il est tout le temps obligé de répliquer. C’est plus fort que lui. Je suis un peu pareille des fois. Je reçois un e-mail et cela va me prendre tellement la tête que je ne peux pas attendre le lundi pour y répondre. Il faut que je réponde même à 23 h 30.

Il faut savoir prendre du recul et ce n’est pas tout le temps facile dans le web parce qu’il n’y a plus de notion d’heure. C’est aussi un avantage. Si tu vends des services en ligne, si tu monétises ton blog ou que tu vends des produits dématérialisés, tu peux vendre nuit et jour.

Quelles difficultés rencontres-tu aujourd’hui ?

Tout ce qui est communication. Je ne suis pas une bonne marketeuse pour mettre en place des choses. Par exemple, je galère avec mon autorépondeur. Dès que tu me sors un peu de WordPress où tout est clair et un bien huilé, je bloque un peu sur certains outils.

Recommanderais-tu ton métier à un élève de troisième qui ne sait pas quoi faire ?

Recommanderais-tu ton métier à un enfant de troisième qui sait pas quoi faire ?

Je n’essayerais pas de convertir un élève de troisième qui serait perdu mais plutôt de lui dire que ça existe et que tu peux gagner ta vie en travaillant sur le web. Cela peut être en écrivant des articles pour des blogs de marques, rédacteur web, accompagner les entreprises avec les réseaux sociaux…

Je pense que c’est un métier qui pourrait plaire aux jeunes mais sans la carotte “Tu peux devenir riche.”. Ce n’est pas une bonne motivation. Leur dire qu’il n’y a pas que YouTubeur. Le gars de troisième sait qu’il peut devenir YouTubeur.

Je connais des gens qui sont perdus et qui n’arrivent pas à garder leurs boulots. Ce métier serait parfait pour eux. J’ai envie de les prendre par la main et leur dire “Voilà je te montre et je t’apprends. Dans un an, tu gagnes ta vie tout seul.” mais en fait il faut que la personne le veuille vraiment.

Que souhaites-tu réaliser dans les prochaines années ?

Que souhaites-tu réaliser dans les prochaines années ?

Je n’ai pas de grandes ambitions. Je veux juste faire beaucoup mieux que ce que je fais déjà.

J’ai envie de faire grandir mes blogs. J’aimerais me mettre un peu plus sur YouTube en 2021. J’ai envie de communiquer un peu plus avec mes lecteurs via des mini-sessions de webinaires ou d’apprentissages. J’ai envie d’être plus dans l’échange.

Cela ressemble à quoi une de tes journées ?

organisation journees 1

C’est la pagaille. Il faut allier la vie perso et familiale et la vie pro. Quand tu es à la maison, les gens ne comprennent pas : tu travailles vraiment sauf que tu es dans ton salon.

Je suis très mauvaise en organisation. J’ai un petit cahier parce que c’est plus visuel. Nous sommes au digital et je pourrais très bien enregistrer tout dans Google Calendar ou dans mon smartphone mais je ne le fais pas parce que j’aime bien mon cahier. J’aime faire mes petites cases et me dire que cette semaine je prévois une journée pour écrire des articles, une autre pour mes clients…

J’ai des formations en présentiel ou en visio qui bloquent des journées dans mon calendrier. Le reste du temps, je fais au plus pressé. En fait, je suis toujours sur le fil du rasoir : j’organise mes journées en fonction de ce qui est le plus urgent.

J’arrive à la maison vers 8 h 45 après avoir déposé les enfants à l’école. J’allume l’ordi direct. Je me fais couler un café et j’attaque. J’ouvre les e-mails. La plupart du temps, je ne les lis pas. Je consulte ceux qui sont vraiment très importants et puis j’ouvre mes blogs. J’essaye de répondre aux commentaires, je fais les mises à jour… Avant d’écrire un article, je réalise de nombreux tests de plugins…

Vers 13 h, je trouve un truc dans le frigo. Je prends 3/4 d’heure pour manger en regardant une série comme ça j’oublie tout.

L’après-midi, je réponds aux demandes de mes clients : l’envoi de newsletters, l’intégration d’articles dans leurs blogs…

C’est déjà l’heure d’aller chercher les enfants à l’école et c’est le temps de la famille.

Vers 21 h, je rallume l’ordi jusqu’à minuit pour finir ce que je n’ai pas eu le temps de faire dans la journée (pas tous les soirs, mais très souvent). Cela tourne toujours autour de mes deux blogs. Je fais toujours beaucoup de choses dans mes blogs comme l’ajout de fonctionnalités, l’amélioration du SEO… Certaines tâches me prennent beaucoup de temps : tout ce qui est marketing automatisé, créer des freebies… Des fois, pour m’amuser, je teste des outils et des plugins.

Le mercredi, j’essaye de moins travailler et de m’occuper des enfants. Je ne travaille que si c’est obligatoire.

Tu traites tout ce qui est urgent et après tu travailles jusqu’à temps ce que tu aies fini une tâche ?

Des fois, cela me prend plusieurs jours. Je suis assez têtue. Quand cela ne marche pas, je me dis mais “Ce n’est pas possible. Il faut que ça marche. Ce n’est pas normal.”.

Tu es perfectionniste ?

Oui, peut-être. Des fois, je suis perfectionniste et des fois je-m’en-foutiste. Je n’ai pas de juste milieu.

Comment as-tu réalisé ta reconversion dans le web ?

Comment as-tu réalisé ta reconversion dans le web ?

Mon déclic n’est pas très bon. Je venais d’arrêter la restauration. C’était la première fois que j’étais au chômage. J’ai été fortement conviée par Pôle Emploi à une réunion. C’était une couveuse d’entreprises qui menait cette réunion et je suis très contente d’y être allée.

Ils ont demandé si nous avions un projet de création d’entreprise. Je me disais que j’aimerais bien être consultante pour aider les restaurateurs mais je ne savais pas trop comment ou quoi. Ma grosse peur c’était de ne plus avoir de salaire. Tu ne sais pas si tu vas réussir à égaler ton ancien salaire.

Le déclic s’est réalisé quand ils ont dit : “Ne vous inquiétez pas, vous rentrez en couveuse et testez votre activité ou votre projet d’activité pendant 18 mois. Vous conservez le droit au chômage. À la fin des 18 mois, vous pouvez monter votre entreprise parce que vous avez pu tester et voir si ça marchait sinon vous ne la créez pas.”.

J’étais libre de tester et on ne me forçait même pas à créer une entreprise qui ne serait pas viable. Le contrat CAPE permet de générer de l’argent dans ta pseudo entreprise et c’est la Boutique de Gestion d’Entreprise (en fait la couveuse d’entreprises) qui récupère ton argent et le stocke. À la création de l’entreprise, elle te reverse tout l’argent que tu as gagné pendant ces 18 mois.

Je me suis dit “C’est maintenant ou jamais.”. Je ne l’aurais jamais fait toute seule. J’aurais eu trop peur de quitter mon boulot et de créer ma boîte. La couveuse d’entreprise t’aide à choisir ton statut. Elle fait beaucoup de choses et puis le coach te demande des comptes tous les mois.

J’ai créé ma microentreprise en 2015. Mon activité s’est transformée peu à peu en cinq ans. Au début, je créais des sites web. Je ne faisais que cela. Après, peu à peu, j’ai eu envie de transmettre donc l’activité change un peu. Tu fais un peu de formation, un peu de création et puis mes blogs ont commencé à prendre plus de place. Je pense que le chemin n’est pas souvent franc. Le papillon ne sort pas comme ça de l’œuf.

Comment as-tu trouvé le nom de La Webeuse ?

Comment as-tu trouvé le nom de La Webeuse ?

Je découvrais le Web et j’étais fascinée par toutes les nouvelles technologies. Je testais tous les outils dès qu’un article en parlait… L’idée de créer un blog à ce sujet a germé et je me suis dit : “Mais, en fait, je pourrais écrire des articles autour de la découverte du Web”.

Je cherchais un nom avec une connotation web mais je ne savais pas trop. Je parle avec quelqu’un qui me dit : “Ma femme a un blog qui s’appelle La Modeuse.”. Cela a fait tilt. Voilà : Le web / La Webeuse.

Je suis allée voir si le nom de domaine était disponible. J’ai pris le .com et le .fr. En fait, La Webeuse sans tiret n’était pas dispo. Il y avait déjà un blog mais cela faisait trois ans qu’il n’y avait plus rien d’écrit.

J’allais régulièrement voir l’autre blog (sans le tiret) et, un jour, j’ai eu un coup de chance : La Webeuse était redevenu disponible. Je me rappelle encore : j’étais au WordCamp Europe à Paris. Je regarde mon smartphone et je le vois. Il faut absolument que j’allume l’ordi et là je l’ai commandé de suite. Je n’ai pas attendu le soir ou mon retour à Marseille.

Comment envisages-tu La Webeuse en tant que marque ?

marque la webeuse 1

La Webeuse a une connotation qui se prête bien à la marque. J’ai fait les démarches nécessaires pour la protéger sur l’INPI. C’est vrai, qu’au tout début, tu ne penses pas toujours à le faire. Je pense qu’il faudrait faire cela au même moment que tu achètes ton nom de domaine.

Au moins tu es tranquille même si tu ne sais pas si ton blog va marcher un jour. Au pire, tu as dépensé un peu d’argent pour déposer ta marque.

Je viens de créer ma plateforme de formation et c’est à ce moment-là que tu comprends qu’avoir une identité de marque est une bonne chose. Le blog et la plateforme de formation s’appellent La Webeuse. C’est un peu comme cela que tu construis finalement une vraie marque.

Est-ce que ta marque a une vie propre en dehors de toi ?

C’est un peu ce qui se passe. J’ai formé des gens à Marseille ou à Aix qui me disaient “C’est toi La Webeuse ? C’est incroyable mon mari a suivi un de tes tutos hier”. C’est assez marrant et souvent quand je suis mandaté pour des formations dans des organismes, il y en a qui me connaissent déjà via mes blogs.

Mon blog est assez neutre. J’ai pensé mettre des photos un peu sympa un peu partout comme certaines font. Pour l’instant, je n’y arrive pas trop. Il faudrait effectivement que les gens voient un peu plus ma tête parce que c’est aussi une question de confiance je trouve. Tu ne dois pas non plus te cacher derrière une pseudo marque. Il faut trouver un juste milieu.

Comment travailles-tu l’identité graphique d’une marque pour le web ?

Comment travailles-tu l'identité graphique d'une marque pour le web ?
Copyrights La-Webeuse

Pour l’identité graphique, il faut trouver une petite palette de 3-5 couleurs que tu gardes pour que l’on te reconnaisse. La deuxième chose pour ton site web c’est le choix des polices. C’est très important.

J’adore prendre l’exemple de Walt Disney. Je ne sais pas si tu l’as vu dans mon livre. J’ai pris cette police et je l’ai utilisée pour un autre mot. Tout le monde reconnaît la police de Walt Disney. Tu ne peux pas penser à autre chose. C’est ça aussi qui crée une marque forte. Quand tu crées des visuels qui te sont vraiment propres, ils sont immédiatement associés à ta marque.

Tu choisis une couleur et une police que tu gardes. Par contre, il ne faut pas s’entêter. Si tu regardes bien, la police de mon logo est très particulière. Au début, je me suis dit que j’allais conserver cette police pour mes titres et pour tous mes visuels. Sauf, qu’en fait, c’était une mauvaise idée. J’en ai un peu payé le prix.

Toutes mes images utilisaient la police de La Webeuse. Une police peu lisible et très bizarre qui n’accepte pas les accents. C’était gras. C’était gros. C’était trop. Il ne faut pas tomber dans le « too much ».

Tu apprends de tes erreurs. Mon blog est un peu mon terrain d’apprentissage. J’avais peut-être 90 articles quand j’ai repris les images mises en avant pour changer ma police. Maintenant, je fais plus simple, plus sobre et je garde la police juste pour mon logo.

Au début, c’était très masculin, un peu gras et assez brut. J’ai ensuite eu envie de féminiser le design global jusqu’au jour où une personne me dit “On dirait un blog de couture.”. OMG, il fallait vraiment que je trouve quelque chose de simple.

J’ai choisi trois couleurs : le rose, le bleu et le vert qui ne sont pas forcément mes couleurs préférées. À ce moment-là, j’avais peut-être 110 articles que j’ai dû modifier à nouveau. J’ai refait mes cartes de visites… Il n’y a que le logo qui n’a pas bougé finalement. Il y a une cohérence entre les couleurs et j’arrive à un résultat qui me plaît. J’ai l’impression que l’on se sent bien dans mon blog. Je le trouve aéré.

Qui sont tes clients ?

Qui sont tes clients ?

Pour créer des sites web, ce sont des restaurateurs ou des professionnels proches des métiers de bouche : des fromagers, des gens qui créent des magazines de gastronomie.…

Les clients de mes formations sont la plupart en reconversion. J’ai beaucoup de graphistes et de photographes ou des gens qui ont arrêté la restauration, ou d’autres boulots, et qui souhaitent apprendre le web et WordPress.

Souvent, c’est un peu leur dernière chance. Je les comprends car je suis passée par là. Je les réconforte en leur disant qu’ils vont bientôt pouvoir faire plein de choses : créer leur site pour vendre ce qu’ils veulent ou même devenir créateurs de sites. Je les encourage et leur montre que c’est faisable.

J’ai des clients, souvent en visio, pour du coaching et du consulting. Ils ont des sites et ne s’en sortent pas. Ils sont arrivés à un point où ils n’arrivent plus à avancer. Cela dure une heure, une matinée ou plusieurs séances.

Pour les formations en ligne, ce sont majoritairement des personnes qui ont besoin d’apprendre WordPress mais qui n’ont pas la chance d’avoir un crédit de formation ou l’argent pour payer quelqu’un pour créer leur site. Ils ont souvent commencé à goûter à WordPress et ils ont vu qu’ils ne comprenaient pas et cherchent une formation qu’ils trouvent auprès de mes guides.

Beaucoup reviennent après vers moi et me disent : “J’ai créé mon site grâce à toi et voici le lien.”. Je suis très contente. Ce sont des graphistes ou des gens qui ont besoin de se digitaliser, par exemple des personnes ayant des chambres d’hôtes qui veulent avoir leur site de vente pour ne plus vendre sur AirBnB. Il y a aussi pas mal de retraités qui font partie d’une association et qui se sont lancés le défi de créer le site de l’asso.

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui viennent de se lancer ?

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui viennent de se lancer ?

Ne pas se lancer tête baissée et bien réfléchir à ton objectif pour préparer les étapes qui vont t’amener au point final. Si tu vas trop vite, il va te manquer des cases.

C’est valable aussi pour WordPress. Il ne faut pas aller trop vite. Avant de créer ta boutique, tu crées ton site, tu le fais vivre et tu le références. Apprends WordPress avant de penser aux images et aux photos.

Je sais que c’est frustrant. On veut toujours aller trop vite, moi la première. Pour construire une maison, il faut attendre que la dalle sèche sinon ta baraque va s’effondrer.

Si tu devais repartir de zéro que changerais-tu ?

Je vais droit au but. Je fais mieux les choses et surtout je réfléchis à mon objectif. Pour La Webeuse, j’avais juste envie d’un blog. Si demain je fais un blog de niche, je vais mettre de l’affiliation en place, étudier la niche et trouver un bon truc à faire si le sujet me plaît.

Quelle est la leçon la plus importante que l’on t’ait transmise ?

Apprendre de ses erreurs et essayer de ne pas les refaire.

As-tu des ressources à conseiller ?

J’ai lu le livre de Stan Leloup. C’est sympa. J’aime les podcasts de marketing et d’entrepreneuriat : Je vis de ma passion, Je peux pas j’ai business, Le Gratin, les Vraies Affaires, GDIY… Après, je n’ai pas beaucoup de temps. Je lis aussi des articles de blog.

Lycia, où peut-on te trouver ?

Lycia, où peut-on te trouver ?

Sur mes blogs : la-webeuse.com et astucesdivi.com où je donne des tutos au sujet de WordPress, Divi, SEO, le freelancing…

Conclusion

Comme toujours, ce fut un immense plaisir d’échanger avec Lycia.

Je trouve qu’elle offre une vision très fidèle du travail d’entrepreneure du web sans les strass et les paillettes. C’est rassurant de voir qu’une grosse dose de travail paie et que cela peut se concilier avec une vie de famille même si ce n’est pas simple tous les jours.

L'interview de Lycia du site La Webeuse qui détaille son activité d'entrepreneure du web & de blogueuse. Cliquez pour tweeter

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signature de Jean du site pour pas un rond

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